Stupeur et interrogations. Après le spectaculaire rebondissement dans
l'affaire Air Cocaïne, les révélations sur l'exfiltration vers la France des
deux pilotes condamnés en République dominicaine dans une affaire
de drogue se succèdent ce mardi 27 octobre.
Rappelons que Pascal Fauret et Bruno Odos avaient été arrêtés en 2013
de cocaïne dans un jet privé qu'ils s'apprêtaient à faire décoller. Deux autres Français ont été condamnés dans l'affaire. Ils ont toujours clamé leur innocence.
Metronews fait le point sur cette exfiltration.
► Un commando d'anciens militaires aguerris
Selon les informations de
BFMTV, l'évasion des deux pilotes a été possible
grâce à l'aide d'anciens militaires, des "copains marins" avec lesquels ils
avaient noué par le passé des amitiés solides lorsqu'ils travaillaient à
l'Aéronavale, service aérien de la marine française. Deux anciens agents de la DGSE auraient également été de la partie. Comme le soulignaient lundi
Valeurs actuelles et
Le Figaro, les autorités dominicaines s'inquiétaient depuis plusieurs jours de la disparition des deux condamnés.
Ces derniers auraient prétexté faire une balade touristique en mer, profitant
ensuite du périple pour rejoindre le bateau du commando, qui les aurait
conduits jusqu'à l'île Saint-Martin, aux Antilles. De là, munis de passeports
fournis par le commando, ils auraient pris l'avion de ligne qui les a conduits
à Roissy-Charles-de-Gaulle samedi après-midi. BFMTV a publié une photo
de l'opération :
► L'eurodéputé FN Aymeric Chauprade "au plus près de l'opération"
Selon
Dominique Rizet, consultant de BFMTV, l'homme politique impliqué
dans l'opération d'exfiltration serait l'eurodéputé FN Aymeric Chauprade,
chantre du "choc des civilisations", spécialiste des relations internationales
et enseignant
au Collège interarmées de Défense (CID). Le 21 octobre, l'eurodéputé
s'affichait en compagnie des pilotes, relayant le message selon lequel aucune
issue judiciaire équitable ne serait trouvée en République dominicaine. "Je les
ai trouvés très combatifs […] C'était clair pour eux : il fallait s'évader", a
d'ailleurs déclaré l'eurodéputé sur
RTL Matin, refusant toutefois de s'exprimer
sur son éventuelle participation à l'opération.
► Les deux pilotes à la disposition de la justice française
Depuis leur retour sur le territoire français, les deux pilotes sont auprès
de leur famille "dans la région lyonnaise et autour", selon leur avocat.
Ce dernier précise qu'il avait demandé qu’ils puissent être "entendus
rapidement" par la juge d'instruction chargée de l'enquête française à
Marseille.
► L'Etat français pas impliqué
Le quai d'Orsay a fini par sortir de son silence, mardi en début d'après-midi, affirmant que l'Etat français n'était "nullement impliqué" dans le retour des deux pilotes.
► L'incertitude pour les accusés restés en République dominicaine
Interrogé par BFMTV, Nicolas Pisapia, l'un des deux Français condamnés
restés en République dominicaine, a indiqué qu'il était pour l'heure "assigné
à résidence". "Il est à craindre que je sois à nouveau incarcéré", a-t-il expliqué, précisant qu'il sollicitait "le soutien des autorités diplomatiques" alors qu'il
attend son procès en appel dans cette affaire. Il recevra la semaine
prochaine la visite de soutien du député écologiste Sergio Coronado.
L'autre Français resté sur place, Alain Castany, "risque une amputation",
selon son avocat, après avoir été fauché par une moto à Saint-Domingue
alors qu'il était en liberté surveillée.
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